Pourquoi en suis-je venu au développement personnel ?

Quand j’ai commencé ma vie, dans une famille pas très saine il faut bien le dire (violence, inceste), j’ai grandi comme j’ai pu avec une caractéristique : la résilience. A l’époque, je ne connaissais pas le mot naturellement, et je me demande d’ailleurs si ce mot n’est apparu que ces dernières années car je crois n’en avoir entendu parler que depuis une dizaine d’années.

Bon, en fait ce mot existe depuis très longtemps évidemment, voici ce qu’en dit le site cairn-info :

Le concept de résilience est source d’ambiguïtés d’origines multiples : le mot (que Michael Rutter comparait à un nouveau test de Rorchach qui permettrait aux différents critiques de projeter tout ce qui les préoccuperait) ; l’existence de plusieurs concepts apparentés ; le contexte culturel duquel il serait issu ; l’évolution de son contenu en lien avec les résultats des nombreuses recherches qui lui ont été consacrées dans le champ de la psychologie.
Le terme résilience apparaît, en anglais, en 1626 et constitue un dérivé du latin resilientia. C’est le philosophe Francis Bacon qui l’utilise pour la première fois, dans son dernier ouvrage, Sylva Sylvarum ou Histoire naturelle, pour désigner la manière dont l’écho « rebondit ». Le sens en anglais du mot résilience est « rebondir », « se ressaisir » ou « se redresser », ce qui peut s’appliquer à de nombreux contextes.Il est utilisé depuis longtemps en anglais pour désigner des situations qui font l’objet des préoccupations actuelles dans le champ de la psychologie. L’exemple le plus ancien est celui fourni dans les Dialogues divins du philosophe platonicien Henry More (1668), qui évoque la résilience face à la misère et au péché. Un autre exemple est celui fourni dans le numéro 110 de la publication The Rambler, où Johnson parle, en 1751, de la résilience commune de l’esprit. Pour le sens « se lever à nouveau facilement après avoir été déprimé » et, donc, devenir « joyeux, enjoué, exubérant », l’Oxford English Dictionary cite des exemples à partir de 1830. Plus tard, en 1857, un médecin américain – qui fut aussi pendant deux ans consul des États-Unis à Reims – parle dans son ouvrag…

Il s’agit d’un extrait d’un ouvrage de  Boris Cyrulnik et Gérard Jorland, si cela vous intéresse de le lire, voici le titre : « Résilience connaissances de base »

La définition du mot résilience

Dans une définition plus simple et proche de ce que je veux écrire, la résilience c’est : »La capacité à surmonter les chocs traumatiques. » (dictionnaire le Robert).

Chaque fois qu’il y avait de la violence, l’après était un oubli, je me réfugiais dans mon monde et en faisait une belle histoire. C’est pourquoi, encore aujourd’hui, quand je repense à mon enfance, ce ne sont pas les moments difficiles qui dominent, mais surtout de beaux souvenirs. Ma mémoire se rappelle de ce que j’ai vécu de bien, non de ce que j’ai mal vécu.

Seul l’école reste difficile. Malheureusement, dans ce genre de contexte, les victimes d’abus restent des victimes et se victimisent partout.

D’autant plus que l’hypersensibilité qui me caractérisait amplifiait les sensations que je pouvais avoir. Et comme non seulement je n’en avais pas conscience, mais en plus je ne la contrôlais pas, j’avais l’impression par exemple qu’on m’en voulait pour tout.

Et donc à l’école, j’étais harcelé. Mais je me rends compte aujourd’hui que ce harcèlement (même si en soi ceux qui harcèlent sont en tords) provenait non pas de ce qu’ils le cherchaient mais surtout parce que je n’osais pas m’affirmer.

la résilience

La résilience a forgé le reste de ma vie.

Une fois adulte et après avoir interrompu l’école parce que visiblement, je n’étais pas doué pour ça, j’ai démarré ma vie professionnelle.

Il faut bien comprendre l’exploit que ça représentait :

  • D’un côté, j’étais un jeune homme angoissé, peu sur de moi, aucune estime de moi, avec une timidité maladive.
  • D’un autre côté, malgré cette peur, j’osais ouvrir des portes (dans le réel ! ). J’avais besoin de gagner de l’argent ? J’ai démarré ma vie par de l’intérim. C’était le meilleur moyen de gagner sa vie alors que je n’avais aucun diplôme, aucune compétence professionnelle.

Bien-sûr, tout n’allait pas bien, mais au moins, j’avais un moyen de subsistance. Et même si au début ma carrière professionnelle a commencé à se dérouler un peu comme l’école : par la victimisation, j’ai rapidement mis fin ça cela par des mécanismes d’auto régulation de mon hypersensibilité.

Qu’est ce que l’hypersensibilité ?

Le mot hypersensibilité est utilisé dans deux sens assez différents. Voilà la définition qui nous intéresse :

C’est une sensibilité plus élevée que la moyenne aux stimuli et aux émotions, avec une réactivité plus intense et souvent un traitement plus profond de ce qui est vécu.

La résilience

Ça peut se traduire par :

  • Émotions fortes (joie, tristesse, colère, peur… qui montent vite et prennent de la place)
  • Empathie marquée (on “capte” facilement l’ambiance, les tensions, l’humeur des autres)
  • Surcharge / fatigue plus rapide (bruit, foule, conflits, multitâche, trop d’infos)
  • Sensibilité sensorielle (sons, lumière, odeurs, textures, douleur, caféine…)
  • Rumination / analyse (on repasse les scènes, on anticipe, on réfléchit beaucoup)
  • Besoin de récupération (calme, solitude, nature, pauses pour “redescendre”)

À noter : ce n’est pas une “maladie” en soi. On parle souvent de sensibilité élevée ou de sensory processing sensitivity (personne “hautement sensible”), mais ce n’est pas un diagnostic médical à lui seul.

Il est très difficile d’expliquer à des gens qui n’ont pas ce genre de particularité ce qu’on vit. Certains même vont te dire : »ha oui moi aussi je suis hypersensible ». Alors qu’en fin de compte, ils sont juste plus sensibles sur certains points mais sans pour autant être « hypersensible ».

Et donc le développement personnel ?

J’ai découvert cette discipline en démarrant une activité de marketing de réseaux à une époque où ce métier démarrait en France. Peu connu et souvent comparé à un processus « pyramidal », ce métier à l’époque n’était pas entouré de lois et de règles qui protégent non seulement les clients, mais aussi les vendeurs. Et dans cette société avec laquelle je travaillais, il y avait une formation qui était constituée de séminaires, d’audio et de livres de développement personnel et de business.

Et quand j’ai découvert des livres comme Comment se faire des amis, la pensée positive, Rendez-vous au sommet etc, ça a été une révolution dans ma tête !

la résilience

la résilience

la résilience

Ces livres n’ont certes pas changé ma vie de fond en comble mais ils ont éveillé ma conscience qu’une autre voix était possible que la médiocrité.

Et surtout, que je pouvais être heureux malgré les événements qu’on pouvait vivre.

Et pour vous qu’est ce que ça peut changer ?

En fait ça peut tout changer. Quelque soit d’où vous venez, quelle religion, votre origine, votre éducation, vos traumatismes, ces livres peuvent vous rendre heureux (si c’est votre souhait).

Mais évidemment, ça dépend comment vous vous nourrissez de ces livres ! Si vous vous contentez de les lire comme un roman, ça ne va pas vous servir à grand chose. (hormis peut-être prendre conscience de vos possibilités, ce qui est déjà pas mal ! ). Mais si vous les appliquez, si vous appliquez les conseils, les exercices, les mises en actions, alors vous pouvez véritablement changer votre vie.

Pour que ça marche, il faut expérimenter, essayer, tester. Et recommencer. Et surtout persévérer. Ce qui a été ma caractéristique lors de ces 30 dernières années, c’est de ne rien appliquer ou pas grand chose) des livres que j’ai lus. Pourtant ça a contribué changer ma vie. (Contribué parce que les psychologues que j’ai pu consulter, les coachs, les expériences acquises dans biens des domaines sont aussi des éléments important dans la reconstruction).

10 conseils concrets pour démarrer et renforcer ta résilience

1) Commence par une intention, pas par une transformation totale

Le piège classique : vouloir tout changer en même temps. Résultat : tu te mets une pression énorme, et tu abandonnes dès que tu “rates” un jour.

Choisis une intention claire :

  • “Je veux reprendre la main sur ma vie.”
  • “Je veux me sentir plus stable émotionnellement.”
  • “Je veux développer ma résilience face au stress.”

Une intention agit comme une boussole. Elle t’aide à choisir les bons contenus et à dire non au reste.

2) Clarifie ton “pourquoi” : c’est le carburant de ta résilience

La résilience n’est pas seulement “tenir bon”. C’est savoir pourquoi tu tiens bon. Sans raison profonde, tu vas chercher des raccourcis, te juger, puis lâcher.

Pose-toi une question simple : qu’est-ce que tu veux protéger ou construire ?

  • Ta santé ?
  • Ton énergie ?
  • Ta famille ?
  • Ton indépendance ?
  • Ton estime de toi ?

Plus ton “pourquoi” est vivant, plus ta résilience devient naturelle. Tu ne forces pas : tu avances.

3) Évite le piège de la consommation infinie de contenu

Beaucoup confondent développement personnel et “formation permanente”. On lit un livre, puis un autre, puis une vidéo, puis un podcast… mais on n’incarne rien.

Règle d’or : apprendre moins, appliquer plus.
Quand tu tombes sur une idée utile, demande-toi : “Quelle est la plus petite action qui prouve que je l’ai comprise ?” C’est là que la résilience commence : dans la répétition, pas dans la nouveauté.

4) Choisis un seul axe pendant 30 jours

Pour progresser vraiment, tu as besoin de focus. Un bon démarrage consiste à choisir un axe unique :

  • Résilience et gestion du stress
  • Confiance en soi
  • Discipline et habitudes
  • Relations et communication
  • Organisation et productivité
  • Émotions et estime de soi

Pendant 30 jours, lis, écoute, observe et applique uniquement sur cet axe. Tu éviteras la dispersion, et tu gagneras une dynamique. La résilience adore la simplicité.

5) Mise sur les micro-habitudes : la résilience se construit “petit”

Le changement durable n’est pas spectaculaire. Il est discret, presque banal. Mais c’est ce “banal” répété qui forge ton identité et ton mental.

Exemples de micro-habitudes orientées résilience :

  • 2 minutes de respiration consciente par jour
  • 5 lignes de journal (ce que je ressens, ce dont j’ai besoin)
  • 10 minutes de marche
  • 1 action minuscule repoussée depuis trop longtemps

La résilience, c’est tenir la promesse minimale même quand tu n’en as pas envie.

6) Accepte l’inconfort : c’est le prix de la progression

Le développement personnel est souvent vendu comme une route vers le confort. En réalité, c’est une route vers la capacité à traverser l’inconfort.

Tu veux plus de confiance ? Tu devras te confronter au regard des autres.
Tu veux une meilleure discipline ? Tu devras traverser l’envie de remettre à demain.
Tu veux plus de résilience ? Tu devras apprendre à te relever sans t’auto-flageller.

L’inconfort n’est pas un signal d’échec. C’est souvent un signal de croissance.

7) Remplace l’auto-jugement par l’auto-observation

Quand on démarre, on se critique vite : “Je suis nul”, “je n’ai aucune volonté”, “je n’y arrive jamais”. Or la résilience se détruit sous le jugement permanent.

Adopte une posture d’observateur :

  • “Qu’est-ce qui a déclenché ma baisse d’énergie ?”
  • “Qu’est-ce que j’ai évité, et pourquoi ?”
  • “De quoi ai-je besoin pour repartir ?”

L’auto-observation te donne du pouvoir. L’auto-jugement t’en retire.

8) Crée un système de soutien : personne ne développe sa résilience seul

On idéalise souvent la résilience comme une force individuelle. Mais dans la vraie vie, la résilience se nourrit du lien : un ami, un groupe, un coach, une communauté, un partenaire de progression.

Tu n’as pas besoin de 20 personnes. Une seule relation fiable suffit. L’objectif : avoir quelqu’un à qui tu peux dire :

  • “Là, je craque un peu.”
  • “Je perds le fil.”
  • “Rappelle-moi ce que je veux construire.”

La résilience, c’est aussi savoir demander de l’aide au bon moment.

9) Mesure ta progression autrement : la résilience n’est pas une ligne droite

Si tu mesures ton évolution uniquement sur des résultats visibles, tu vas te décourager. Le développement personnel est non linéaire : parfois tu as l’impression de régresser, alors que tu apprends.

De meilleurs indicateurs de résilience :

  • Tu récupères plus vite après une difficulté
  • Tu te parles avec plus de respect
  • Tu fais un pas malgré la peur
  • Tu reviens à tes priorités après une dérive
  • Tu identifies mieux tes émotions

Ta résilience se voit souvent dans la vitesse de “retour au centre”, pas dans l’absence de tempête.

10) Fais de la résilience une identité : “Je suis quelqu’un qui revient”

Le déclic le plus puissant en développement personnel, c’est quand tu passes de “je dois” à “je suis”.

Au lieu de : “Je dois être discipliné”, dis : “Je suis quelqu’un qui fait un petit pas chaque jour.”
Au lieu de : “Je dois arrêter de craquer”, dis : “Je suis quelqu’un qui revient, même après un craquage.”

La résilience, c’est cette identité : je tombe peut-être, mais je reviens. Je ne négocie pas avec le découragement : je le traverse.

Une approche simple pour démarrer dès aujourd’hui

Si tu veux un plan clair (sans te surcharger), voici une approche minimaliste :

  1. Choisis ton axe principal : résilience
  2. Décide d’une micro-habitude quotidienne (2 à 10 minutes)
  3. Bloque un mini rendez-vous hebdomadaire (15 minutes) pour faire le point
  4. Garde une règle : “Je ne cherche pas la perfection, je cherche la continuité.”

Tu verras vite un effet : plus de stabilité, plus de clarté, et surtout une résilience qui s’installe.

Le développement personnel, c’est apprendre à te reconstruire

Aborder le développement personnel, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre du jour au lendemain. C’est apprendre à te connaître, à te respecter, à ajuster ton cap, et à bâtir une vie qui te ressemble. Et la clé qui te permet de tenir dans la durée, c’est la résilience : cette capacité à continuer, à te relever, à apprendre, à revenir.

Tu n’as pas besoin d’un grand déclic. Tu as besoin d’un petit pas, puis d’un autre. Et un jour, tu te retourneras : tu verras que tu as changé, sans même t’en rendre compte.

 

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3 thoughts on “La résilience, un concept étonnant qui a sauvé 50 ans de ma vie.

steevekoenig
19 janvier 2026 at 9h08

Il y aurait énormément de choses à dire sur cet article, vraiment très intéressant. Je vais toutefois me concentrer sur deux points qui me parlent particulièrement et qui ont profondément résonné en moi.

Le conseil numéro 10 est sans doute l’un des plus essentiels de ma vie, peut être même le plus central. Comme tout un chacun, j’ai traversé plusieurs épreuves importantes, certaines dont je pense que tout le monde ne se serait pas relevé. Pourtant, je me suis relevé à chaque fois, et chaque fois plus fort qu’avant.

Ce principe a été l’apanage de toute ma vie. Au point qu’aujourd’hui, j’en viens presque à chérir l’épreuve. Elle m’a donné une force immense et une confiance absolue. J’ai même créé un mantra, comme tu le dit j’ai fais de la résilience une identité à travers cela : quoi qu’il m’arrive, je m’en sortirai toujours.
Cela fait totalement écho à ta phrase : « je tombe peut être, mais je reviens. Je ne négocie pas avec le découragement, je le traverse. »

Le second point concerne la découverte du développement personnel, qui a également été une véritable révélation pour moi. Je suis souvent tombé dans le piège de vouloir dévorer tout ce que je pouvais lire ou étudier, sans forcément retenir ni appliquer, comme tu le décris très justement.

Avec l’expérience, ma façon de faire a évolué. J’ai toujours cette soif d’apprendre, mais je passe désormais davantage de temps à appliquer et à consolider ce que je sais, plutôt qu’à chercher sans cesse de nouveaux savoirs.

Merci pour ces dix conseils empreints de sagesse et d’expérience. Bravo encore pour ce très bel article.

    moijeux
    21 janvier 2026 at 4h19

    Merci pour ce commentaire. Je suis heureux que ça puisse faire écho. Ce qui prouve que je ne suis pas seul (mais ça je le savais 😉). Heureusement, la résilience est quelque chose qui se fait naturellement chez beaucoup sans parfois en être conscient. C’est peut-être ce qui sauvera l’humanité.

[…] Le refrain martèle : « Envole-moi ». Le mot est simple, presque enfantin. Mais il porte une idée immense : on peut se détacher. La “fatalité” est décrite comme une colle : elle colle à la peau (le quartier, l’étiquette, la peur, la honte, la croyance “je finirai comme eux”). Le texte n’ignore pas cette colle—il la nomme—mais il la conteste. C’est pour ça que la résilience se trouve dans Envole moi. Si vous voulez en savoir plus sur la résilience et ce que c’est, je vous invite à lire l’article que j’ai écrit : La résilience, un concept étonnant qui a sauvé 50 ans de ma vie. […]

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