Une candidature sans réponse, puis une autre, puis un entretien qui ne débouche sur rien : quand la recherche d’emploi dure, ce n’est pas seulement une question d’organisation ou de méthode. C’est aussi, souvent en silence, une érosion progressive de la confiance qu’on a en soi. On commence à se demander si le problème, ce n’est pas le marché, ni le poste, ni le moment — mais soi-même.
Cet article part d’un constat simple : la manière dont on encaisse les refus pendant une recherche d’emploi a autant d’impact sur la suite que le CV ou la lettre de motivation. Et il existe des façons concrètes de protéger son estime de soi sans se raconter d’histoires ni tomber dans la pensée positive de façade.

Le piège : confondre un refus de candidature et un jugement sur qui l’on est
C’est un raccourci que fait presque tout le monde en recherche d’emploi : « on ne m’a pas retenu » devient, dans la tête, « je ne suis pas assez bien ». Ce glissement est naturel — on investit du temps, de l’énergie, parfois une part de son identité professionnelle dans une candidature — mais il est rarement justifié par les faits.
Un recrutement dépend de dizaines de variables qui n’ont rien à voir avec la valeur d’une personne : un budget revu à la baisse, un poste finalement pourvu en interne, un profil jugé « trop » ou « pas assez » expérimenté selon des critères propres à l’entreprise, un simple délai de retour qui s’éternise sans qu’il y ait de refus formel. La psychologie du travail documente bien ce décalage entre le vécu subjectif du candidat (un rejet personnel) et la réalité du processus (une décision organisationnelle, souvent arbitraire ou contrainte).
Ce que le processus de recrutement dit vraiment de vous
Selon les ressources de France Travail consacrées à la confiance en soi pendant la recherche d’emploi, la répétition des refus fragilise l’estime de soi précisément parce qu’elle touche un besoin fondamental : se sentir compétent et reconnu. Le service public de l’emploi recommande de dissocier explicitement l’évaluation d’une candidature de l’évaluation de sa propre valeur, et de s’appuyer sur des retours concrets plutôt que sur des suppositions.
Le site Welcome to the Jungle, qui a interrogé plusieurs psychologues sur le sujet, souligne un autre mécanisme : plus la recherche dure, plus le risque est grand de basculer dans une lecture globale et permanente de l’échec (« je n’y arriverai jamais ») plutôt que dans une lecture ponctuelle et circonstancielle (« cette candidature-là n’a pas abouti, pour des raisons qui m’échappent en partie »). C’est cette différence de lecture qui détermine si l’estime de soi tient le choc ou s’effondre.
Ce que dit la psychologie de l’estime de soi
Le psychiatre Christophe André, dans Imparfaits, libres et heureux : pratiques de l’estime de soi, distingue justement l’estime de soi globale — le sentiment stable de sa propre valeur — des évaluations ponctuelles liées à un échec ou une réussite. Selon lui, une estime de soi solide ne dépend pas de l’absence d’échecs, mais de la capacité à traverser ces échecs sans qu’ils remettent en cause l’ensemble de ce qu’on est.
« une estime de soi solide ne dépend pas de l’absence d’échecs, mais de la capacité à traverser ces échecs sans qu’ils remettent en cause l’ensemble de ce qu’on est. » page 35, dans le chapitre 3 – Qu’est-ce qu’une bonne estime de soi ? du livre Imparfait, libres et heureux de Christophe André.
Si vous désirez en savoir plus sur ce livre avant de l’acheter, je vous suggère les quelques articles que j’ai fait sur ce livre : Imparfaits, libres et heureux.
Trois appuis concrets pendant une recherche qui dure
1. Séparer le fait du sentiment
Noter froidement ce qui s’est réellement passé (« pas de réponse après trois semaines », « poste pourvu en interne selon le recruteur ») aide à ne pas laisser l’interprétation émotionnelle prendre toute la place. Le fait est neutre ; c’est l’histoire qu’on se raconte autour qui blesse. Il ne faut le faire en surface, c’est à dire juste en se le disant 10 secondes puis en l’oubliant. Il faut l’intégrer en soi, le « faire rentrer au marteau et au burin » pour tromper son cerveau et faire en sorte qu’il y croit vraiment.
2. Garder une trace de ce qui fonctionne déjà
Un entretien décroché, un retour positif sur un CV, une compétence reconnue par un ancien collègue : ces éléments sont des preuves concrètes de compétence, à opposer consciemment au récit du « je ne vaux rien » quand il s’installe. Créer un dossier (ordinateur ou papier, selon vos préférences) dans lequel vous pourrez y mettre toute vos réussites, notez les compliments de vos collègues, anciens collègues, responsables, clients etc. Trouvez tout ce qui, pour vous, est positif. Et quand votre moral baisse un peu, ouvrez le et parcourez le.
3. Limiter l’exposition sans s’isoler
Postuler en continu, sans pause, use l’estime de soi autant que les refus eux-mêmes. S’accorder des plages sans candidature, sans pour autant couper le lien avec son réseau ou son entourage, permet de revenir à la recherche avec une lecture plus juste — ni dans le déni, ni dans l’auto-dévalorisation.
Une chose que vous pouvez faire et qui peut aider, c’est lire des livres de développement personnel. Ça aide à rester motiver. Et puis vous pouvez y trouver des astuces, des « trucs » qui vous permettront d’ajuster vos recherches et pourquoi pas même de réorienter celle-ci vers (pourquoi pas) la création d’entreprise.
Ce qui ne change pas, et ce qui peut être travaillé
Une recherche d’emploi longue ne se résout pas uniquement par un travail sur l’estime de soi — la méthode, le réseau, la formation comptent tout autant. Mais tant que la manière de recevoir chaque refus continue à saper la confiance, chaque nouvelle candidature part avec un handicap invisible. Travailler cette lecture des événements n’est pas une solution magique : c’est une condition pour tenir dans la durée, sans que la recherche elle-même devienne le lieu où on perd le plus confiance en soi.
Ce que propose France travail
France travail a sorti une rubrique sur leur site que je trouve pas mal. Certes cela sert à vous fliquer, certes cela prend beaucoup de temps et je suis sur que beaucoup ne joueront pas le jeu, surtout ceux qui sont les plus démunies en matière d’informatique et d’internet mais c’est quand même une bonne idée si on s’en sert pour soi : Le journal. (pour y arriver, vous devrez être connecter au site).
Ça permet de lister tout ce qu’on a fait en matière de recherche d’emploi. Je suggère d’ailleurs de le faire déjà sur une feuille de calcul (excel, libreoffice..) pour le reporter plus facilement ensuite (d’autant que c’est obligatoire pour leur prouver que vous recherchez bien du travail).
Comme vous l’avez sans doute compris, les articles et pages présents sur ce site, s’ils ont pour objet de parler et d’apprendre sur des sujets comme le développement personnel, la psychologie et d’autres thèmes, c’est aussi fait pour promouvoir des livres ou formations que j’ai pu lire ou utiliser. Vous pouvez les acheter dans une librairie (ce que je recommande), mais vous pouvez aussi vous les procurer par les liens cliquables. Dans ce cas je perçois une commission qui n’augmente pas le prix que vous payez.

Laisser un commentaire